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Conférence interprofessionnelle internationale de WFWF : Advocating for Change


La première conférence interprofessionnelle internationale de Women for Women France a rassemblé des leaders mondiaux du secteur pour échanger des perspectives, des expériences et des stratégies de changement réussies dans la lutte contre les violences conjugales.



Sarah McGrath, présidente de WFWF, a ouvert la conférence : « L’objectif est de partager et d’apprendre ensemble. Nous menons le même combat, mais avec des systèmes juridiques et des paysages culturels et politiques différents ».


Rosie Batty AO, australienne d’origine britannique, récipiendaire de la médaille Order of Australia, a partagé sa perspective en tant que militante et survivante de violences conjugales. En 2014, elle a été temoin du meurtre de son fils de 11 ans, Luke, assassiné par son ex partenaire. Par la suite, elle est devenue la voix principale sur le sujet des violences conjugales en Australie. Ses campagnes ont contribué à l'évolution des mentalités et des lois sur les violences conjugales à un tel point qu’un nom a été donné à ce phénomène : l’effet Rosie Batty.


Interrogée sur son travail avec des législateurs de tous bords, elle a répondu : « Il s’agit de faire le lien entre le cœur et l’esprit. Les personnalités politiques sont des êtres humains. Ils ont des enfants, ils ont des liens affectifs ».


Mme Batty AO est allée plus loin en reconnaissant : « La raison pour laquelle mon histoire a choqué, la raison pour laquelle on m’a crue, c’est parce que je suis une personne blanche. Je suis privilégiée. Je suis issue de la classe moyenne. De nombreuses femmes, en raison de leur couleur de peau, de leur culture ou de l’endroit où elles vivent, sont désavantagées ».


L’intervenante Manasi Pradhan, qui est une militante féministe éminente en Inde nous a rejoint. L’organisation qu’elle a fondée, OYSS Women, a joué un rôle important dans les évolutions législatives concernant les violences à l'égard des femmes en Inde.


Mme Pradhan a partagé ses trois stratégies clés qui ont apporté de profonds changements en Inde. La première consistait en une « consultation directe sur le terrain». « J’ai systématiquement noué le dialogue avec les personnes et évalué leurs besoins », a-t-elle expliqué.


Elle a ensuite mis l’accent sur l’importance d’impliquer tous les genres dans le mouvement. Elle a ajouté : « Tout ce qui concerne les femmes n’est pas que le problème des femmes, mais ça concerne l’ensemble de la population ».


Enfin, elle a insisté sur la nécessité de collaborer avec le gouvernement, les autres organisations, ainsi que les représentants des communautés : « Ce n’est que lorsque l’on implique ces différents acteurs qu’un changement peut être durable ».


Nathaniel M. Fields, PDG du Urban Resource Institute (URI), la plus grande structure aux États-Unis spécialisée dans les traumatismes des personnes victimes de violences conjugales, a également participé à la conférence. M. Fields a parlé d'un élément qui peut aussi empêcher une personne de quitter un conjoint violent : la perte de leur animal de compagnie. « 48 % des victimes ont déclaré ne pas pouvoir partir par peur de ce qu’il adviendrait de leur animal de compagnie. 71 % ont également déclaré que leur animal avait été menacé. Il s’agit d’une inquiétude réelle pour les personnes survivantes », a-t- il expliqué.


C’est à travers le développement de partenariats stratégiques avec des organisations de défense des droits des animaux que l’URI a fondé le programme d’hébergement People and Animals Living Safely (PALS) et a réussi à faire passer une loi unique, le Pets and Women’s Safety Act, qui permet aux animaux de compagnie d’accompagner leur propriétaire dans les refuges et d’être inclus dans les ordonnances de protection.


Reconnaissant les complexités administratives auxquelles sont confrontées les personnes ayant subi des violences conjugales en France, le docteur Ghada Hatem-Ganzer, gynécologue-obstétricienne, a fondé La Maison des Femmes à Saint-Denis. Elle a expliqué : « Le problème qui se pose aux victimes, c’est qu’elles doivent s’occuper de tout : leur santé, leurs enfants, s’assurer d’un logement, trouver un psychologue, un avocat, se rendre au commissariat. Il s’agit d’un travail tellement énorme qu’elles finissent par dire “ C’est trop pour moi. Je ne m’en sortirai pas ” ».


Première structure en France à adopter une approche holistique, La Maison des Femmes offre des soins médicaux, des consultations psychologiques et traumatologiques, des conseils juridiques et, une fois par semaine, une présence policière pour celles qui veulent porter plainte ou demander une protection.


Des experts de plus de 30 pays se sont joints à la conférence. Parmi les participants se trouvaient des avocats, des experts de première ligne dans les domaines du droit, de la santé, ainsi que d’autres ONG et organisations travaillant contre les violences de genre.


Une interprétation simultanée, de l’anglais vers le français, était disponible pour les participants.

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